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La méthode pas à pas
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Introduction |
L'objectif était d'obtenir une vue complète de la fleur à partir d'une dizaine de photos montées plan par plan pour obtenir un maximum de profondeur de champ SANS toutefois dénaturer la perspective (donc en gardant un léger flou progressif sur les parties arrières)... et bien sûr d’avoir une araignée aussi nette que sa taille puisse le permettre.
Une des photos utilisées :
Pour se donner une idée de l'échelle le gros truc vert est... un pistil ! Il doit faire environ 1 millimètre et demi Les tout petits points blancs qu'on peut voir, c'est du pollen ! Les couleurs originales n'ont pas été modifiées, seule la netteté à été travaillée. Il aurait d'ailleurs été dommage de retoucher ces camaïeux de jaunes/oranges et les textures des pétales.
Voilà la méthode détaillée utilisée pour cette composition. C'est possible de faire ça avec moins de photos au départ. Il s'agit en gros d'une méthode inspirée par Mark Plonsky, retravaillée pour obtenir un résultat perso. Comme on me l'a plusieurs fois demandée par mail... ben voilà.
Le principe : Il s'agit de compiler un certain nombre de vues prises sous différents plans pour obtenir une PDC maximum . Le 50mm ça grossit beaucoup, mais ça a des inconvénients :
- focale fixe (on peut pas cadrer comme on veut on avance et on recule juste l'APN pour avoir un plan net)
- vignettage (si on pousse pas le zoom au maximum ça fait un cadre rond autour de la photo)
- pas de profondeur de champ, tout est flou, sauf sur un seul plan.
Il s'agit donc de concevoir dès le départ la photo en 3D, comme une succession d'images possédant toutes une profondeur de champ utilisable, et de prendre la photo avec le résultat déjà en tête.
Il est bien évident qu'il s'agit d'un exercice de travail sur la photo et pas une méthode absolue. Avec un "vrai" appareil photo et un "vrai" objectif de macro professionnel on peut sûrement obtenir de bien meilleurs résultats Mais bon quand on a un APN à peine capable de prendre une photo à moins de 10 cm d'un objet, ça le fait !
La méthode pas à pas |
Pour ce "montage", les photos sont prises sous le même angle mais avec une mise au point sur différents plans pour "décomposer" la photo. Comme cet appareil ne permet pas de régler la MAP, et que le 50mm ne permet de prendre les vues que sur un seul plan, le seul moyen est de reculer progressivement et de shooter à chaque fois un plan. La difficulté réside dans 3 points :
- le "sujet" ne doit pas (trop) bouger pendant ce temps (commencer par prendre ce qui peut bouger en premier)
- la perspective et l'angle doivent être conservés
- il faut maintenir l'objectif du 50mm sans trembler, ni vignetter la photo
Etape 2 : post-traitement
Le travail commence sur photoshop en choisissant une vue qui servira de référence. Les autres sont collées sur des calques du même document. En premier lieu, il s'agit de caler les photos pour qu'elles se superposent en mettant une transparence sur le calque et en le déplaçant jusqu'à ce que ça coïncide avec celui de référence appelé par défaut "fond". A noter : la perspective déforme légèrement chaque vue et ça ne colle jamais parfaitement. Ici le travail est compliqué par la présence de la fleur qui sera travaillée séparément de l'araignée (donc 2 sujets). On obtient donc ces différents plans (du plus loin au plus près) :
- les pétales du fonds
- les pattes arrières
- l'abdomen
- le corps central et l'avant de 4 pattes
- le niveau intermédiaire des pattes avant
- le bout des pattes les plus en avant
- ... et 4 calques qui détaillent la fleur du fonds jusqu'au premier plan.
Etape 3 : sélection des zones
Pour chaque calque (on n'en garde qu'un ou 2 de visible à chaque fois) on sélectionne la partie nette et on supprime le reste. On affiche ensuite tous les calques : c'est le bazar. Avec la gomme, il va falloir affiner le travail sur chaque calque pour détourer au mieux ce qui est net. Pour le moment on touche ne surtout pas aux contrastes et aux couleurs de la photo et on conserve tous les claques.
Etape 4 : les pattes
Le problème avec une araignée c'est les pattes. Pour obtenir un meilleur rendu, il va donc falloir de nouveau détourer certaines parties de pattes, les copier et les coller sur d'autres qui sont restées inévitablement floues, même après le montage de ce puzzle. On obtient déjà environ une 20 aine de calques mais c'est pas fini. Pour bien voir ce qui est a conserver ou à gommer, on affiche et on masque alternativement chaque calque : ça fait apparaître par comparaison le meilleur de chaque plan. Il est préférable de faire différentes sauvegardes à ce stade, pour pouvoir revenir loin en arrière
Etape 5 : les yeux
Les yeux sont travaillés séparément pour leur redonner de la lumière. Ils sont sélectionnés au lasso à partir de la vue la plus nette, et on fabrique un nouveau calque pour accentuer un peu le relief et les recontraster. C'est utile car les yeux vont paraître "ternes" puisqu'ils viennent d'un calque où la mise au point s'est faite sur les mandibules, et qu'au final l'objectif est d'avoir un max de parties nettes.
Etape 6 : le pistil
Le pistil (truc vert et rond) fait également l'objet d'un calque. Après avoir sélectionné la zone sur la vue la plus nette, on travaille sur sa couleur, en modifiant très légèrement la courbe qui va renforcer le vert qui s'est mêlé aux oranges, et qui a formé une espèce de flou oranger/vert au niveau de la limite du pétale du premier plan, à cause de la PDC réduite.
Etape 7 : le fond
Du flou est resté tout au fond entre les deux pattes arrière sur le plan le plus éloigné. Cette zone complètement floue et sombre va faire l'objet d'un calque où un tampon de duplication va reprendre une partie des pétales clairs situés à coté pour restituer cette zone. Comme elle est plus lointaine, on applique dessus un flou. La corolle du fond est reconstituée.
Etape 8 : la fusion
Maintenant qu'on a une tripotée de calques, on va les fusionner en 2 groupes : araignée et fleur. On vérifie que tous les calques visibles sont bien ceux qu'on souhaite garder et si des transparences ont été appliquées, qu'elles sont voulues. Puis on fusionne. Ouf : plus que 3 calques. Le calque "araignée" est légèrement accentué pour ressortir, mais pas trop, sinon elle se "pixellise" et des points blancs apparaissent partout !
Etape 9 : la fleur
La fleur ne subit pratiquement aucun traitement. Les traces de pollen si elles étaient accentuées feraient plein de points blancs, et les couleurs perdraient en nuance et en texture. Une dernière petite touche cependant : correction sélective des couleurs/noir : on rehausse le niveau des noirs de la fleur pour que les lignes soient plus nettes sans que le reste soit affecté.
Etape 10 : finitions
On laisse la photo dans un coin et on revient le lendemain pour fignoler les détails qu'on aurait pas vu, petit gommage, outils "doigt" pour affiner une transition qui serait encore visible, ou outils de duplication pour faire une légère retouche. Les outils sont utilisés en taille 3 ou 4 pour obtenir un résultat précis. Un petit recadrage, et voilà.
Photo témoin
Il ne reste plus qu'à ajouter l'échelle pour se donner une idée de la taille de la photo une fois réalisée. Le tout est d'avoir prévu une petite photo (même moche) vite fait pendant la prise de vue avec une simple règle d'écolier pour donner la mesure...
Résultat
Prises de vues : 4h - 500 photos - 95% inutilisables
Tri et classement des photos: 1 à 2h
Post traitement : 20h environ - 45 calques - 2 litres de café
Commentaire, illustrations et mise en page : 2h
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