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Commentaires de l'auteur :
Bonsoir,
vous vous souvenez certainement du post de Christoforo la semaine dernière sur sa série de Mathausen et qui a reçu un excellent accueil. Il se trouve qu'à quelques jours d'intervalle, il visitait ce camp de concentration nazi tandis que je découvrais Tuol Sleng, ou S21, le plus terrible centre de détention Khmer Rouge.
Comme Christoforo, je ne souhaite pas avoir de notes (mais vos remarques sur ma technique photographique sont bien sûr bienvenues) car ce post n'était absolument pas prévu au départ (d'ailleurs, si j'avais su, je me serais davantage appliqué). Mais après son témoignage, il m'a semblé intéressant de faire le parallèle. Car apparemment, les leçons du passé ne sont pas toujours retenues. D'un extrême à l'autre, d'une horreur à la même.
Puisque cet épisode sanglant, quoiqu'historiquement plus proche, est moins connu que la tentative de Solution Finale des Nazis, je ferais juste le rappel suivant, sans toutefois détailler les circonstances précédant l'arrivée des Khmers Rouges au pouvoir (mais je vous encourage à vous documenter, après ça vous verrez la politique internationale d'un autre œil).
En Avril 1975, donc, les Khmers Rouges, groupe armé d'inspiration maoïste avec à leur tête Pol Pot, entrent à Phnom Penh, capitale du Cambodge, et chassent le corrompu Lon Nol du pouvoir. D'abord accueillis en libérateurs, il mettent 48 heures pour exécuter quelque chose qui ne s'est jamais vu : l'évacuation totale et forcée des 2 millions d'habitants de la ville vers la campagne, suivie bientôt par celle des autres villes du pays. Leur but : faire du Cambodge un pays exclusivement agraire. Mieux que le Grand Bond en Avant de Mao, mieux qu'un retour au Moyen Age, car ils iront jusqu'à abolir la monnaie ! Au passage, ils massacrent l'élite du pays : intellectuels, médecins, enseignants, journalistes, hommes d'affaires, artistes...D'une part parce qu'ils les considèrent comme inaptes aux travaux agricoles (donc inutiles), et d'autre part comme ayant un potentiel de nuisance au fonctionnement du régime. Les millions de cambodgiens se mettent donc à travailler la terre. Les Khmers Rouges laisseront mourir ceux qui sont incapables de résister à la chaleur, aux maladies, à la malnutrition, à la charge de travail et aux mauvais traitements. On estime à 2 millions le nombre de victimes, sur une population de 7 millions...On ne parle pas d'exterminer une "race inférieure", comme les nazis, ni même une ethnie rivale, comme au Rwanda, mais bien de massacrer son propre peuple.
Et lorsqu'il n'y eut plus d'ennemis, il fallait en inventer pour maintenir les membres du parti en alerte et garder leur motivation intacte ! Tuol Sleng, (sujet de ce post) autrefois un lycée (lieu de transmission du savoir, tout un symbole) fut alors transformé en centre de détention, de torture et d'exécution. On usait de tortures (infligées par des enfants de 13 ou 14 ans endoctrinés !) pour obliger les détenus à confesser des crimes imaginaires, et la mort était l'unique issue. On estime à 15 mille le nombres de victimes. Personne ne s'est échappé et seules 7 personnes ont survécu, à la faveur du renversement du régime Khmer Rouge par les Vietnamiens. On peut imaginer l'effroi et la consternation des soldats lorsqu'ils ont pénétrés ce centre pour la première fois, à l'instar des soldats alliés lorsqu'ils découvrirent les camps de concentration nazis...
Pour ne pas oublier (mais y a-t-il encore un espoir ?), ce centre a été transformé en musée, le Musée du Crime Génocidaire, d'où j'ai ramené ces photos. Sachez seulement qu'à certains moments, la force de soulever mon appareil photo me manquait, et que vous ne verrez donc pas le pire...
Ajourd'hui, la population s'est reconstitué grâce à une natalité généreuse (les Cambodgiens sont à présent 14 millions), mais les Khmers Rouges ont fait plus que mutiler un peuple : en décapitant l'élite du pays, ils ont annihilé un savoir, des compétences, une mémoire, une culture, ainsi que la fibre artistique de tout un pays. Qui se souvient aujourd'hui des 4000 mouvements de la danse classique cambodgienne ? Les rares survivantes du ballet royal Khmer se comptent sur les doigts d'une main et sont âgées. Et il faut 15 à 20 ans pour former les apprenties...
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Modération : [ 1 / #1 ] (voir)
je trouve ta photo réussie car:
l'angle de prise de vue donne vraiment l impression que l'on est prisonnier et on sent tout de suite la sensation de cloisonement.
Le traitement de la couleur de la photo est aussi bien réussi car je trouve les couleurs plus froides font bien resortir la sentation d enfermement sans soleil.
Et le tout est angoissant.